- 13 avril 2026
- Écologie et préfabrication
La préfabrication a le vent en poupe depuis des décennies. Le recours aux matériaux hypers industrialisés aussi. Et ils reviennent au galop ces dernières années alors que les maître d’ouvrages cherchent à raccourcir toujours davantage les durées de chantiers.
Il est vrai qu’ils règlent bien des problématiques parfois, même s’ils sont plus souvent utilisés “par habitude” que par nécessité.
Dans le même temps ils participent à la lente destruction du savoir-faire des corps de métier, que chacun déplore aujourd’hui. Les artisans plâtriers ont disparu au profit des poseurs de BA13. Les charpentiers et les maçons sont désormais des poseurs de murs/panneaux ou des ouvriers d’usines. Même la construction paille, terre et chanvre y est de plus en plus soumise.
Les projets “écologiques” n’y échappent donc pas. Pourtant la préfabrication - si elle était davantage généralisée - engendrerait un trafic routier et autoroutier extrêmement important. Des files de camions lourdement chargés se succéderaient pour livrer des morceaux de bâtiments partout en France, et souvent sur de grandes distances.
Hors, on en parle peu mais, la part du “TP” dans le “BTP” est beaucoup plus polluante que le “B” (Bâtiment). Les Travaux Publics (TP) entretiennent tout le réseau routier français : autoroutes, ponts, tunnels, etc. Et ce qui détériore le plus les chaussées, c’est justement le passage des camions : plus ils sont nombreux, plus ils sont chargés et plus régulièrement il faudra refaire les routes ! Un bâtiment écologique préfabriqué, aussi vertueux soit-il, engendrera toujours cette pollution indirecte qui est rarement prise en considération.
La préfabrication : peut-être pertinente dans certains cas, mais réfléchissons à deux fois avant d’envoyer nos bâtiments sur les routes !
